< >

Être enfant dans les camps


Imprimer l'article Envoyer à un(e) ami(e) Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte

Les élèves du collège Jean Fernel à Clermont ont pu rencontrer Maurice Zylberstein, déporté à l'âge de 10 ans au camp de Bergen-Belsen. Cette rencontre a eu lieu en prélude au voyage en Pologne que les élèves ont effectué du 3 au 7 avril 2017 avec notamment la visite du camp d' Auschwitz-Birkenau.

Les enfants déportés

Le témoignage de Maurice Zylberstein illustre la condition des enfants déportés dans les camps durant la Seconde Guerre Mondiale. En préambule de la rencontre a d'ailleurs été diffusé le film Les enfants otages de Bergen-Belsen, un documentaire qui évoque le sort de la centaine d'enfants de prisonniers de guerre déportés avec leurs mères, en principe protégés des persécutions nazies par la Convention de Genève, mais qui subiront les pires souffrances dans le camp jusqu'à la fin de la guerre.

L'arrestation

Dans un premier temps, Maurice Zylberstein a échappé à la rafle du Vel d'Hiv' en juillet 1942. Lui et sa famille ont été arrêtés en pleine nuit par la police française et emmené au poste de police, puis au vélodrome d'hiver. Mais les policiers se sont ensuite rendu compte qu'ils ne devaient pas les arrêter, en vertu donc de la Convention de Genève. Ils ont donc été relâchés, pour finalement être arrêtés de nouveau deux ans plus tard. Cette fois-ci, ils ont été emmenés au camp de Drancy dans lequel ils sont restés trois mois, puis à Bergen-Belsen.

"C'est grâce à nos mères que nous avons survécu" (M. Zylberstein)

Les conditions de vie dans le camp

Elles étaient très difficiles. Maurice Zylberstein raconte : "Il y avait beaucoup de bruit, et des cadavres partout. Nous vivions avec en permanence l'odeur des corps qu'on brûlait".

 

Un élève demande : "Avez-vous essayé de vous révolter ou de fuir ?". "Non, nous n'étions que des enfants. Il y avait des miradors tous les 50 mètres avec des soldats armés de mitrailleuses. Certains d'entre nous n'avaient même pas la force de marcher".

 

Un autre élève interroge M. Zylberstein sur les traces physiques qu'auraient pu laisser le passage dans le camp. Réponse de l'intéressé : "Cette épreuve a surtout laissé des traces psychologiques, surtout chez ma mère. Ce fut d'ailleurs une épreuve très dure pour les mères, car elles avaient un sentiment de responsabilité".

 

Néanmoins, les prisonniers se sont serrés les coudes : "Nous avions de bonnes relations avec les autres déportés, car nous étions tous dans le même bateau".

Le témoignage de Maurice Zylberstein au Mémorial de Royallieu en vidéo :

Zylberstein Maurice - Déporté à Bergen-Belsen à l'âge de 10 ans 

Un autre reportage de Péo60 sur le même thème :

Un défi-lecture sur la mémoire d'Auschwitz réalisé au collège

Les pires moments

Maurice Zylberstein en distingue deux :

 

Les appels le matin

"On devait sortir du baraquement et s'aligner en carré. Le soldat allemand nous comptait, mais le compte n'était jamais bon ! Donc il recommençait, cela durait des heures. C'était encore plus dur à supporter en hiver".

La faim

"On avait faim tout le temps. Je réclamais à manger à ma mère, et me faisait gronder par mon frère".

Une sensibilisation réussie

Le témoignage de ce rescapé a beaucoup ému les élèves : certains sont ressortis de la salle la larme à l'oeil. Il faut dire qu'ils sont à peine plus vieux que Maurice Zylberstein au moment de son internement.

 

La sensibilisation semble donc avoir fonctionné, car comme l'a dit M. Zylberstein en conclusion : "J'espère que vous lutterez si des événements semblables venaient à se reproduire".

site Internet de l'IA site Internet de l'Oise