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La presse durant la Seconde Guerre Mondiale


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L'Hôtel du Département a accueilli le 27 mai 2016 Raymond Zerline, un Résistant venu témoigner du rôle de la presse durant la Seconde Guerre Mondiale. Cette rencontre s'inscrit dans le dispositif "Travail d'histoire et de mémoire".

Afin d'introduire la séance, Olivier Paccaud, Vice-Président du Conseil départemental en charge de la Jeunesse, de la Culture et de la Citoyenneté, a rappelé aux jeunes collégiens la chance qu'ils avaient de ne pas avoir connu les événements qu'a vécus Raymond Zerline. Il a également rappelé l'utilité de ce type de rencontre : en effet, "l'Histoire ne s'apprend pas seulement, elle se comprend".

La propagande allemande

En France durant la Seconde Guerre Mondiale, la presse était encadrée par deux organismes : La Propaganda-Staffel côté allemand, et le ministère de l'Information et de la Propagande côté français. L'information était donc très contrôlée : pas question d'aller contre les intérêts allemands...

 

Afin d'illustrer son propos, Raymond Zerline a apporté des exemples de journaux collaborationnistes comme Ouest-Eclair, contenant de nombreux communiqués allemands et italiens, diffusant la propagande ennemie. Il a montré également des affiches dont le but est de faire accepter à la population l'occupation de la France par l'Allemagne, affiches dont les slogans peuvent sembler surréalistes pour ceux qui n'ont pas vécu la guerre. L'une d'elles proclame ainsi : "Populations abandonnées, faites confiance aux soldats allemands", ou encore "Papa gagne de l'argent en Allemagne".

Les médias de résistance

Face à l'occupation allemande, la Résistance s'organise progressivement par le biais de réseaux, et avec elle des journaux et des affiches sont imprimés dans la clandestinité. Là encore, Raymond Zerline est venu avec quelques journaux de résistance comme Libération, Témoignage chrétien, ou d'autres, à l'apparence anodine, comme Le jardinier averti, mais dans lesquels se cachent des articles qui font passer les idées de la Résistance.

 

Raymond Zerline raconte également comment il a commencé, avant de devenir agent de liaison, à accomplir des actions de résistance. Ils allaient, lui et ses camarades, voler des étiquettes sur lesquelles ils écrivaient des phrases comme "Vive la France" ou "Vive De Gaulle", et les collaient sur les murs. Ces "papillons" étaient sévèrement réprimés par les autorités : rien qu'en avril 1941, 6400 amendes ont été infligées aux commerçants qui ne les enlevaient pas de leurs murs.

 

A la suite de ses propos autour de la presse, Raymond Zerline a répondu aux nombreuses questions des collégiens, dévoilant un peu plus ses actes de résistance et sa vie personnelle.

Les questions des élèves

Les élèves avaient préparé beaucoup de questions. En voici une sélection :

 

Qu'est-ce qui vous a fait entrer dans la Résistance ?

Je dirais l'amour de la France, de la République. Mais il faut dire qu'en de pareilles circonstances, on réfléchit plus avec ses tripes qu'avec sa tête !

 

Avez-vous entendu l'Appel du 18 Juin ?

Non, mais il faut dire que de peu de gens l'ont entendu à l'époque ! De Gaulle était alors un parfait inconnu.

 

Quel a été le plus grand changement dans votre vie après la guerre ?

En 1944, je suis remonté de Dordogne à Paris. Cela m'a fait drôle de retrouver Paris, qui avait beaucoup changé. J'ai eu du mal à retrouver une vie régulière, avec toutes les contraintes que celle-ci engendre. J'ai finalement été embauché chez Simca et j'y suis resté 5 ans.

 

Avez-vous été témoin d'une rafle ?

Oui, et la plus importante : celle du Vel d'Hiv, le 16 juillet 1942. J'habitais près de Bastille alors. J'ai été témoin de l'arrestation de Juifs par les policiers français. Heureusement pour moi, je me déplaçais toujours avec deux cartes d'identité sur moi, une vraie et une fausse. En cas d'arrestation, je montrais la fausse, sur laquelle le nom n'avait pas de consonance israélite.

 

Aviez-vous conscience de risquer votre vie ?

Oui, et j'avais peur, ce qui est tout à fait normal. Mais je n'ai jamais cédé à la panique.

 

Quelle a été votre plus grand peur ?

La peine que je ferais à mes parents si je mourais.

 

Avez-vous été arrêté ?

Jamais. Ma soeur en revanche a été arrêtée.

 

Et aujourd'hui, vous faites quoi de votre vie ?

Je vous regarde et j'espère que vous ne connaîtrez jamais ce que j'ai vécu...

 

 

Edouard Courtial, Président du Conseil départemental a achevé la rencontre :"Nous sommes redevables à nos aînés, qui n'ont pas eu la même chance que nous. C'est pourquoi il est important d'organiser ces rencontres entre nos jeunes et ceux qui ont été acteurs de ces années-là".

 

En conclusion, Raymond Zerline s'est vu remettre des cadeaux ainsi que la Médaille du Conseil départemental, en tant que président d'honneur du Comité d'entente des Associations Issues de la Résistance et de la Déportation, médaille qu'il a dédiée à la mémoire de tous ses camarades morts pendant la guerre.

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