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Être femme et gendarme


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Dans le cadre du dispositif La citoyenneté illustrée, le collège Sonia Delaunay à Gouvieux avait invité deux femmes gendarmes le 1er avril 2016 afin de faire partager aux élèves leur expérience de femmes exerçant un métier encore perçu comme très masculin.

Cette intervention vient illustrer le thème choisi par le collège : La femme, un homme comme les autres ? En effet, l'établissement est régulièrement le théâtre de comportements sexistes envers les jeunes filles, comportements souvent initiés par l'image de la femme qui est véhiculée par les médias. 7 classes sont impliquées dans le projet, qui donnera lieu à la création d'un webmagazine qui présentera des témoignages sur les relations hommes-femmes, sous forme écrite mais aussi sous forme de vidéos.

Les intervenantes

L'adjudant Forestier et le gendarme Perez font partie de la brigade de prévention de la délinquance juvénile installée à Beauvais. Dans ce cadre, elles effectuent de nombreuses interventions dans les collèges. Elles ont toutes les deux suivi une formation de 10 mois à l'école de la gendarmerie de Chaumont en Haute-Marne. Le gendarme Perez a un parcours un peu particulier puisqu'elle a commencé sa carrière comme professeur d'EPS (elle est également judoka), avant de se tourner vers le métier de gendarme.

Un métier difficile

Comme le souligne l'Adjudant Forestier, le métier de gendarme impose un rythme de vie qui n'est pas forcément compatible avec la vie de famille. "Depuis que j'ai intégré la Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile, je peux passer plus de temps avec mes enfants. Néanmoins, j'ai fait ce choix pour des raisons professionnelles : depuis le début de ma carrière, je voulais m'investir dans la prise en charge des mineurs victimes. J'ai donc effectué un stage aux techniques d'audition des mineurs victimes, complété par un diplôme universitaire sur l'approche psychopathologique et éducative de l'adolescent difficile".

 

En effet, la disponibilité dont ils doivent faire preuve en toutes circonstances fait qu'on les appelle souvent pour des futilités. "Nous devons quand même aller voir sur place si quelque chose de grave n'est pas arrivé, même si l'alerte de départ nous paraît insignifiante". Cela amène à faire des journées à rallonge : "Il n'y a pas de journée-type, la durée hebdomadaire de travail varie de 35 à 85 heures". Même leurs vacances peuvent être interrompues à tout moment : "Quand nous partons en vacances, nous devons indiquer l'adresse de l'endroit où l'on se trouve, au cas où on aurait besoin de nous rappeler".

 

Autre caractéristique du métier de gendarme : la dangerosité. "Nous sommes armées, mais notre but est de ne jamais avoir à se servir de nos armes. D'ailleurs, sauf en cas de danger, nous n'avons pas le droit d'en faire usage". Elles ont conscience qu'elles risquent leur vie à tout moment : "Être blessées fait partie de notre travail".

L'avis des élèves

Tatiana
"J'ai trouvé l'intervention super car on a eu plein d'informations qui nous ont montré qu'une femme est tout aussi capable qu'un homme de devenir gendarme".

 

Leeloo
"L'intervention était très bien car on a eu des réponses aux questions que l'on se posait sur les femmes dans les métiers où il y a beaucoup d'hommes. Je sais que plusieurs filles de 4ème aimeraient bien devenir gendarmes et avec cette intervention elles ont pu voir que c'est vraiment possible pour elles".

 

Kylian
"Les 2 gendarmes femmes étaient très bien, nous ont expliqué beaucoup de choses et ont répondu à toutes nos questions. Je pense que ça peut vraiment nous aider pour plus tard dans notre futur métier quand on aura des collègues femmes. On voit bien qu'elles sont aussi capables que les hommes de faire le métier qu'elles veulent".

Croire en ses rêves

Comme le rappelle le gendarme Perez, "la femme a aujourd'hui sa place dans tous les corps de métier. La société actuelle n'impose plus de limites. Le plus important est d'avoir un rêve et de s'y accrocher". D'ailleurs, être gendarme ne requiert pas d'avoir un profil-type, mais plutôt de posséder certaines qualités. "La première qualité demandée est la disponibilité. Notre priorité est de servir la population à chaque fois que le besoin s'en fait sentir. On doit arrêter immédiatement ce que l'on est en train de faire à chaque fois qu'on nous appelle".

 

Bien sûr, voir une femme exercer un métier considéré comme plutôt masculin peut faire grincer certaines dents. Le gendarme Perez se souvient : "Au début de ma carrière, j'ai été affectée dans une petite commune. La population a commencé à m'adresser la parole au bout de 6 mois ! Certains n'avaient jamais vu de femme gendarme auparavant". Mais loin de les décourager, les remarques sexistes leur ont permis de se construire. "Il faut prendre les réflexions comme une force, ne pas se limiter et aller jusqu'au bout", conseille le gendarme Perez.

 

D'ailleurs, sur le terrain, les différences de sexes s'effacent et c'est l'efficacité qui prend le pas sur toute autre considération : "Nous agissons toujours en binôme. Nous sommes alors deux militaires qui travaillent ensemble, pas juste un homme et une femme". Et dans l'action, l'homme ne se place pas forcément devant la femme. "On s'adapte suivant la situation rencontrée", nous apprend l'Adjudant Forestier.

Montage vidéo de l'intervention

Lecteur video pour Gendarmes.flv

En savoir plus

Pour tout connaître sur le dispositif La Citoyenneté illustrée, consultez la rubrique dédiée sur Péo60 :

La Citoyenneté illustrée

site Internet de l'IA site Internet de l'Oise