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CDDC "Contes merveilleux"


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Il était une fois un voyage dans le monde des contes merveilleux

C’est l’histoire d’une classe de 6ème du collège Ferdinand-Bac, à Compiègne. Une histoire de garçons et de filles qui ont répondu au défi original lancé par deux de leurs professeurs : créer un conte merveilleux. Dans le cadre du Contrat Départemental de Développement Culturel (CDDC), Elise Cachau, enseignante de français et Françoise Savalle, enseignante de SVT, ouvrent leurs élèves à l’univers de l’écriture. Un conte qui parlerait d'animaux et de végétaux.


Le vendredi 21 octobre dernier, pour les 28 élèves de 6ème commençait une aventure "fantastique" : leur première séance d’écriture. Pendant les trois heures de cours de l’après-midi, ils ont fait connaissance avec Alain Poirée, conteur professionnel. Au programme : un travail créatif en groupe autour du jeu Le tarot des mille et un contes, qu’il a sorti de son coffre magique.

Installer le charme du conte

Une fois les consignes de travail dictées, les apprentis conteurs forment quatre groupes et attendent calmement qu’Alain Poirée vienne leur tirer les cartes, pièce maîtresse du conte. Cette étape initiale du processus créatif est primordiale pour la suite de l’aventure. De la première carte tirée ressort les traits physiques du personnage principal. Un thème (L’eau, les fleurs, les animaux et les arbres) leur a également été imposé autour duquel ils devront imaginer leur histoire. Il ne faut pas oublier que ce CDDC fait cohabiter la SVT et le français autour d'un projet commun.

 

Leur carte en mains, les idées ont commencé à fuser. Qui est le personnage principal ? Est-ce un homme ? Une femme ? Quel est son métier ? Où habite-t-il ? Dans quelle époque vit-il ? Autant de questions auxquelles il fallait répondre. Cet exercice est encore tout nouveau pour ces jeunes élèves. Ce projet est aussi l’apprentissage du travail en commun, où chacun confronte ses idées.

 

Les groupes débattent, se disputent. « Il est assez rare que les élèves travaillent dans des groupes aussi importants, confie Françoise Savalle. A cet âge-là, le compromis est parfois difficile à trouver ».

 

Peu à peu, une histoire se crée, se dessine, la magie s’opère et le merveilleux s’installe. Les sixièmes tirent d'autres cartes du jeu. Elles permettent d’avancer dans l’évolution de l’écriture et de trouver l’élément déclencheur à leur récit.

Les élèves du projet ont eu la chance de pouvoir écouter "en live" 3 petits contes d'Alain Poirée
Les élèves du projet ont eu la chance de pouvoir écouter "en live" 3 petits contes d'Alain Poirée

Développer la créativité des élèves

L’univers des contes n’est pas totalement inconnu des jeunes collégiens. « Cette activité permet de réinvestir les savoirs acquis en français et en SVT, explique Elise Cachau. En début d’année, nous avons étudié le conte en classe. Les élèves ont acquis les bases de ce genre littéraire et le lexique du merveilleux ».


En fin de séance, Alain Poirée a transporté les élèves au temps des sultans et des princesses avec le récit de trois petites histoires dont il a le secret. Bientôt, ce sera à eux de se mettre en scène. Ce qu'ils ont déjà fait. Certains élèves ont narré des légendes de leur pays ou région d’origine, comme la Colombie, la Russie ou la Bretagne.


Deux autres séances en groupe avec le conteur sont prévues dans les prochaines semaines. Un recueil verra le jour et une soirée Contes sera organisée dans le collège, en présence des parents. Un véritable travail de titan, en fin de compte !



Ce qu'en ont pensé les élèves :

Philomène : « Notre histoire a pour thème les plantes et les fleurs. Ce projet est fantastique. En dehors des cours, il m'arrive parfois d'inventer des histoires. »

 

Cassandre : « J'aime la magie de conte. On peut s'exprimer et laisser libre court à son imagination. Ce que j'apprécie aussi, c'est le travail en groupe. »

 

Charlotte : « Créer des contes me plaît beaucoup. On a le droit de dire ce que l'on pense. Par contre, c'est compliqué de travailler en groupe. Tout le monde veut donner son avis  et c'est difficile de mettre nos idées en commun. »

Alain Poirée tire les cartes aux élèves
Alain Poirée tire les cartes aux élèves

3 questions à Alain Poirée

Cela fait 15 ans qu'Alain Poirée est tombé dans la marmite des contes. Créateur de l'association "De bouche à oreille", il propose de nombreuses activités autour de l'art oral : des veillées, des spectacles, des ateliers de création et des balades buissonnières contées en compagnie d'un musicien créateur d'instruments à base de végétaux.

 

Comment devient-on conteur ? J'étais directeur d'un centre de loisirs. Un soir, j'ai commencé à raconter une histoire tirée d'un livre. Mais rapidement, j'ai retiré le livre de mes mains. J'ai découvert le regard émerveillé du public enfant et parent et une complicité s'est installée. J'arrivais à faire vivre mes personnages au sein des histoires. A partir de là, conter est devenu mon métier.

 

En quoi consiste le métier de conteur ? C'est d'abord un travail de recherche, de lecture et d'écoute. Ensuite je rêve mes histoires et les installe dans ma mémoire. On oublie l'écrit et on se fait un film dans sa tête, un peu comme dans un dessin animé. Ensuite, on se promène dans son imaginaire et on se sert des images que l'on trouve pour raconter une histoire. C'est un art à part entière. On ne met pas ça en place du jour au lendemain.

 

Et le conte merveilleux dans tout ça ? Le conte merveilleux, c'est un peu comme un mille-feuille. Quand on soulève les couches du gâteau, il y a pleins de bonnes choses à l'intérieur. Ici, l'objectif avec les collégiens est de tracer un chemin de vie où les enfants se construisent, se propulsent et grandissent. 


Le conte merveilleux s'adresse à la fois aux enfants et aux adultes. Autrefois, les adultes se nourrissaient de ces histoires "chemins de vies, rêves éveillés" et cela leur permettait de mieux accepter la vie qui n'était pas forcément facile. Par le biais des contes, ils se protégeaient des agressions du monde extérieur et retrouvaient un regard serein.

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